Les tambours de l’Abissa : quand les esprits parlent par le rythme
Edo-Ngbolé, Aboma, Ngou-Howaa et Tamalé : quatre tambours qui font battre le cœur de l’Abissa, la grande fête du peuple N’zima. À quelques jours de l’édition 2026 à Grand-Bassam, plongée au cœur d’un patrimoine où le rythme est parole, mémoire et lien avec les ancêtres.
Au cœur du royaume Adouvlais Sohié
Là où la terre vibre au rythme des ancêtres, résonne l’écho sacré de quatre tambours : Edo-Ngbolé, Aboma, Ngou-Howaa et Tamalé.
Pour les gardiens de la tradition, ce ne sont pas de simples instruments. Ils sont des gardiens de mémoire, des ponts entre les mondes, des voix qui murmurent les secrets de la cosmogonie akan. Leur histoire reste une énigme, tissée de mystères, de fertilité et de joie.
Edo-Ngbolé, le tambour sacré
De ces quatre tambours, l’Edo-Ngbolé est celui dont on parle le plus. Il est considéré comme un tambour sacré, et sa mise en retraite, le Siédou, constitue la première étape de la fête.
Tamalé, la voix des femmes
Les autres tambours ont aussi leur place dans le rituel. Le Tamalé, aussi appelé Tondoba, est décrit comme le deuxième tambour féminin de l’Abissa. Il accompagne la journée des femmes et une danse qui symbolise la cohésion entre deux familles du peuple N’zima.
Un lien entre les vivants et les morts
Pour comprendre ces tambours, il faut comprendre ce que porte l’Abissa. C’est la fête traditionnelle du peuple N’zima pour célébrer la nouvelle année. Elle consolide les liens entre les vivants et les morts, et renouvelle l’alliance du peuple avec Afoantchè, le génie qui lui a transmis cette danse.
Dans ce cadre, le rythme est une langue. Il invoque les ancêtres, rassemble la communauté et inscrit chaque génération dans une histoire commune.
Rendez-vous à Grand-Bassam
L’édition 2026 de l’Abissa se tiendra à Grand-Bassam du 25 octobre au 8 novembre, sur le thème « L’Abissa, un creuset de valeurs universelles et de développement durable ».
- Siedou, la semaine silencieuse : du 25 au 31 octobre
- Gouazô, la semaine festive : du 1er au 8 novembre
Pour qui veut entendre ces tambours, c’est le moment : le rythme y est une parole que l’on peut encore écouter.
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